(Montpellier Plus jeudi 24 novembre 2005)
Sexualité entre une conférence débat « sexe et sentiments »*, et une présentation de lingerie et sextoys, ce jeudi s’annonce chaud.
C’est un mignon petit canard jaune. Ou une jolie chenille verte. En apparence du moins.
Car en réalité, mon canard jaune est un vibromasseur, idem pour Luciole la chenille. Tous deux sont au catalogue de Lilou Plaisir , jeune société montpelliéraine qui invite les femmes, depuis le mois de mars, à des soirées cocktails au Café Joseph pour y présenter sa collection de lingerie, d’huiles de massage et de jouets intimes.
« Ce n’est pas par hasard si nous avons choisi Montpellier pour nous lancer, insiste Sandra Painchaud, chargée de la communication de Lilou Plaisir. C’est une ville avant-gardiste, très ouverte, parfaite pour tester un concept qui n’existe nulle part en France. Nous allons d’ailleurs bientôt ouvrir un magasin en centre-ville ».
Et cela risque bien de faire de la concurrence à Monsieur Simon (« appelez-moi comme cela », a-t-il dit).
Il a lancé sa « grande surface sexy », Planet Charme, à Lattes en avril dernier. « Il y a quelque chose qui se libère, affirme-t-il, les sextoys entrent dans les mœurs, il y a très peu de personnes choquées par notre coin coquin ».
Une vitrine sur un rond point très passant, un parking avec des places handicapées, des vendeurs souriants, son magasin a tout d’un magasin comme un autre. « Nous ne voulions pas être cachés. Depuis 3 ans, avec le salon de l’érotisme, il y a de moins en moins de tabous. Le côté érotique, sexy, sans être hard, cela plaît aux gens ici. Cela répond à l’attente de ceux qui n’osent pas entrer dans les sex-shops ». Des sex-shops interdits aux moins de 18 ans, pas Planet Charme.
« C’est sûr qu’en apparence, il y a une évolution des mentalités, reconnaît Sylvain Mimoun. Mais en fait, on peut faire plein de choses et être coincé ».
Son combat ? « Beaucoup d’hommes, et même certaines femmes, pensent que le rapport sexuel doit être nécessairement réussi à chaque fois. Or, cela peut être réussi techniquement sans qu’il y ait la moindre émotion. C’est un vrai souci pour la vie du couple ».
Parler de sexualité, de la relation intime entre deux êtres, c’est le métier de Sylvain Mimoun.
« Dans une même journée, lors de consultations, on peut trouver une femme gênée par la masturbation et une autre qui parle d’échangisme. Mais quand cela ne se fait plus, qu’il y a un malaise et que nul ne l’aborde, il faut tenter d’en parler ».
Dimitri Moulins
